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Histoire
L'histoire
du parapente commence en 1965 avec la mise au point de la Sailwing par Dave
Barish. Il nomme cette nouvelle discipline slope soaring (vol de pente).
Parallèlement à cette invention, Domina Jalbert crée un parachute à caissons
qu'il considère comme le remplaçant du parachute parabolique : le parafoil.
Ce concept évolue vers la chute libre mais lègue au parapente les concepts
de double surface et de caissons.
Dave Barish et Dan Poynter effectuent entre 1966 et 1968 des démonstrations
du slope soaring sur un tremplin de saut à ski, puis partent en tournée dans
des stations de ski. Quelques alpinistes commencent à s'intéresser à cette
pratique, y voyant un moyen rapide et efficace de redescendre après une
ascension.
En 1971, Steve Snyder commercialise la première voile à caissons sous le nom
de Paraplane et c'est en 1972 que l'on trouve la première voile de ce type
aux Championnats de France de parachutisme.
En 1978, trois parachutistes décollent du Pertuiset à Mieussy avec leurs
parachutes rectangulaires. Ils entraînent rapidement d'autres parachutistes
avec eux pour pratiquer le vol de pente.
Laurent de Kalbermatten invente en 1985 la Randonneuse, première voile
conçue spécifiquement pour le parapente. Elle est plus performante et plus
facile à gonfler que les parachutes utilisés jusqu'alors. Le parapente ne
cessera alors d'évoluer, tant au niveau du matériel qu'au niveau de la
pratique : tout d'abord utilisé surtout par les alpinistes, le parapente
devient un sport à part entière.
Les premiers Championnats du monde ont lieu en 1987 à Verbier.
Matériel
Un parapente est composé d'une aile, à laquelle est suspendue la sellette
par des suspentes. Le pilote dispose de deux commandes pour manœuvrer ainsi
que d'un dispositif d'accélération utilisable aux pieds, et souvent d'un
parachute de secours intégré à la sellette.
Aile
L'aile est fabriquée à partir d'un tissu résistant et léger. Elle est
composée de « caissons » dans lesquels l'air s'engouffre afin de lui donner
sa forme. L'aile est profilée comme une aile d'avion, ce qui génère la
portance du parapente. Cette force, qui s'oppose à la gravité, permet au
parapentiste de ralentir sa chute (verticale) à environ 1 mètre par seconde
alors que dans le même temps le parapente s'est déplacé horizontalement de 7
mètres pour un parapente d'initiation, à plus de 9 mètres pour les engins de
compétition (soit une finesse de 7 à plus de 9).
L'avant de l'aile est appelé le bord d'attaque et l'arrière le bord de
fuite. Le bord d'attaque est le côté par lequel l'air entre dans les
alvéoles de l'aile.
On dit "caisson" entre deux points d'attache de suspentes et "alvéole" entre
deux cloisons internes.
La partie supérieure est appelée l'extrados et la partie inférieure
l'intrados.
Extrados
Intrados
Nervure
Cloison diagonale interne
Suspente haute
Suspente intermédiaire
Suspente basse
Élévateur
Suspentes
Suspentes
L'aile est reliée à la sellette par les suspentes et les élévateurs. On
parle alors d'un "cône de suspension". Les suspentes sont de fines ficelles
dont le cœur est souvent constitué en kevlar et qui sont attachées à de
nombreux points de l'aile. Les suspentes ont deux fonctions :
- Premièrement, en raison
des différentes longueurs de chacune d'elles, elles impriment un calage au
profil de l'aile ce qui lui confère ses caractéristiques de vol.
- Deuxièmement, les
suspentes sont reliées par des maillons rapides à des élévateurs qui,
eux-mêmes, sont reliés à la sellette par des mousquetons de sécurité. Une
suspente peut supporter un poids d'environ 80 à 200 kg avant de se rompre.
La multiplicité des suspentes permet en théorie de supporter plusieurs
milliers de kilogrammes. Les suspentes sont néanmoins fragiles, car les
matériaux comme le kevlar supportent très mal les pincements, et il n'est
pas rare que, au décollage, un accrochage dans une racine ou un caillou
saillant entraîne la rupture de l'une d'entre elles.
Commandes (ou freins)
Les commandes (aussi appelées freins) permettent de diriger le parapente et
de contrôler son incidence. Il y en a deux, une à gauche et une à droite. La
commande gauche est reliée à quelques suspentes cousues sur la partie gauche
du bord de fuite, et inversement pour la droite.
Sellette
Sellettes
L'attache du parachute de secours
Certains pilotes disposent d'un parachute de secours qui doit être fixé à la
sellette. Il existe plusieurs positions pour le parachute :
- la position dorsale : la
poche du parachute est située en haut du dos du pilote.
- la position ventrale : la
poche du parachute est située devant le pilote.
- la position inférieure :
la poche du parachute est située sous les fesses du pilote.
Accélérateur
L'accélérateur est un dispositif constitué d'une barre actionnée par les
pieds reliées aux élévateurs permettant de modifier l'incidence de l'aile.
Cette modification d'incidence permet au parapente de gagner de la vitesse,
mais elle rend l'aile plus sensible aux turbulences.
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1 Élévateurs A,B,C,D
2 Boucle d'attache à la sellette
3 Crochet d'accroche à la ficelle du barreau
4 Ficelle principale
5 Poulies de renvoi
6 Sangles de redistribution de la traction
7 Boucle de renvoi
8 Pilotage
9 Vitesse |
Pilotage
Vitesse
Le parapentiste peut faire varier la vitesse de l'aile en actionnant les
deux freins en même temps.
- Freins relâchés, le
parapente volera à sa vitesse maximum, cette vitesse peut être augmentée
en utilisant l'accélérateur ou des trimms, des dispositifs permettant de
changer le calage de l'aile.
- La meilleure allure est
généralement celle de la finesse maximum, c'est-à-dire le meilleur
compromis entre taux de chute (vitesse de chute à l'intérieur de la masse
d'air, qui peut elle-même se déplacer vers le haut ou le bas) et vitesse
horizontale. C'est à la finesse maximum que le parapentiste peut aller le
plus loin (il faut, cependant, tenir compte du vent et adapter sa
vitesse : plus vite face au vent et inversement). Elle est obtenue par une
certaine position des freins et dépend des caractéristiques aérodynamiques
de l'aile.
- Si le parapentiste
ralentit encore sa vitesse, son taux de chute augmente et il risque le
décrochage. Le décrochage est une perte de la portance due à une vitesse
trop faible. L'aile ne vole plus (sa vitesse horizontale est nulle).
L'aile reprendra facilement de la portance en diminuant progressivement le
freinage. Cette manœuvre est plus délicate à gérer avec une aile
performante qu'avec une aile d'apprentissage.
Virage
Deux éléments complémentaires permettent de faire tourner l'aile : l'action
sur les commandes et le pilotage sellette.
Lorsque le parapentiste tire sur la commande gauche, la partie gauche du
bord de fuite descend, ce qui ralentit la partie gauche de l'aile et fait
tourner le parapente à gauche. Et inversement du côté droit. Cependant,
l'action sur les commandes dégrade les performances de l'aile (la traînée
est augmentée). Il est donc utile, lors d'un virage, de se pencher dans la
sellette du côté où l'on veut tourner : cette action incline l'aile selon
l'axe du roulis et contribue donc à la faire tourner.
Décollage
Le décollage s'effectue en général dans une pente.
- Le parapentiste place son
aile à terre, bien étalée (en forme de corolle) et face à la pente. Il
s'installe dans sa sellette en veillant bien à respecter les vérifications
d'usage (points d'accrochages de la sellette, casque, radio et pas de
noeuds dans les suspentes). Il faut qu'il y ait une légère brise qui
remonte la pente face à lui pour lui faciliter le décollage et que les
conditions météorologie soient adaptées.
Quand toutes ces conditions sont réunies, il peut commencer la phase de
décollage.
Il prend dans chaque main un frein ainsi que les suspentes A (ce sont
celles du bord d'attaque).
Il commence à avancer dans la pente en se penchant en avant afin de tirer
en premier le bord d'attaque de l'aile. Le fait qu'il ait les suspentes A
en main facilite la montée du bord d'attaque. Il doit donner une impulsion
suffisante pour que l'aile se gonfle et monte au-dessus de lui. Un peu
avant que l'aile soit au-dessus de sa tête, il lâche les suspentes A.
- Une fois l'aile au-dessus
de sa tête, il ralentit l'aile avec les freins afin qu'elle reste
au-dessus de lui et ne le dépasse pas. Il a alors quelques secondes pour
vérifier que l'aile est bien déployée et qu'il n'y a toujours pas de
noeuds dans les suspentes.
- Si tout lui semble bon, il
commence à courir en faisant de grands pas afin de secouer le moins
possible l'aile et ainsi éviter de lui faire perdre de la portance. Quand
il atteint environ 30 Km/h(vitesse air), l'aile a une portance suffisante
pour le faire décoller du sol et il s'envole.
- Il s'éloigne alors de la
pente pour être en sécurité et s'installe confortablement en position
assise dans sa sellette. La phase de vol peut alors commencer.
Autres techniques
Treuillé d'un parapente
On peut aussi gonfler sa voile en étant
face à elle. Les suspentes de gauche et de droite sont alors croisées et les
commandes de freins inversées. Cela permet de contrôler plus facilement son
aile et de pouvoir la laisser retomber sur le sol dans une position
convenable si on ne veut pas décoller tout de suite. Si on décide de
décoller il faut, bien sûr, se retourner dans le bon sens lorsque l'aile est
au-dessus de la tête. S'il y a un vent régulier, ni trop fort ni trop
faible, cette technique permet de faire ce qu'on appelle du gonflage.
Cela consiste à faire voler sa voile en gardant les pieds au sol. C'est un
très bon exercice pour apprendre à mieux ressentir sa voile. Même les
parapentistes les plus expérimentés ont toujours quelque chose à apprendre
de cet exercice.
On peut aussi décoller en étant tracté par un engin à moteur. Cela peut être
un treuil au sol ou un dévidoir sur un véhicule. Cette technique est
employée dans les plaines.
Atterrissage
Dès qu'on a acquis les bases du décollage et avant de profiter des joies du
vol, il faut d'abord apprendre à atterrie, exercice délicat en parapente. En
effet, il faut être capable d'atterrir quasiment n'importe où et dans
n'importe quelles conditions. En parapente, le principe de l'atterrissage
ressemble à son homonyme en avion.
Avant d'avoir décollé, il faut déjà avoir prévu où l'on peut atterrir, sauf
en vol de distance (réservé aux experts).
Phase d'approche
La première phase de l'atterrissage est l'approche. La manœuvre d'approche
commence à un point et à une altitude qui dépend de la configuration du
terrain et des conditions météorologies dont le vent. L'objectif final de
cette manœuvre est de se retrouver dans une trajectoire face au vent et face
au point d'atterrissage choisi et à une distance et une altitude qui vont
permettre d'arriver en touchant le sol à l'endroit désiré.
Il
existe différents types d'approche. Les plus connues sont la PTU, la PTL, la
PTS et la PT8 (PT pour prise de terrain). La première consiste à faire une
trajectoire d'approche en forme de U, la seconde en forme de L, la troisième
en forme de "S" et la quatrième en forme de 8. Le U et L doivent être
orientés de sorte que la dernière branche de la trajectoire soit dans la
direction du point d'atterrissage et face au vent, la Prise de Terrain en 8
recoupe sa trajectoire pour rester sur l'entrée du terrain.
Phase finale
Dans la dernière branche (appelée aussi la finale), il faut être face au
vent pour que sa vitesse par rapport au sol soit la plus faible possible.
Arrivé à environ un mètre du sol, on tire progressivement sur les freins
jusqu'à les avoir le plus bas possible (mains en dessous des hanches).
L'aile va donc partir vers l'arrière car elle est freinée. Cela provoque une
trajectoire en coupole du parapentiste. C'est-à-dire qu'il remonte un peu.
Au sommet de l'arrondi, la vitesse horizontale par rapport au sol est
quasiment nulle. Si la manœuvre a bien été exécutée, à ce moment le
parapentiste touche le sol et atterrit comme une fleur. Il continue de
freiner son aile pour qu'elle tombe à terre. Il dégage alors la piste
d'atterrissage et va soigneusement plier son aile sur le côté de la piste
pour qu'elle soit prête pour un prochain vol.
Autres techniques
Il existe également des techniques d'atterrissage plus rapides mais
également plus dangereuses qui consistent à faire des séries de virages très
engagés afin de perdre très vite de l'altitude (360). Le dernier virage
avant de toucher le sol doit être exécuté de telle manière que le
parapentiste décrive une trajectoire qui annule complètement sa vitesse
horizontale et verticale. Mais cette technique n'est pas seulement délicate
pour celui qui la pratique mais aussi pour les parapentistes qui sont en
phase d'approche. Car l'avantage des PTU et des PTL est de pouvoir faire
atterrir dans les meilleures conditions de sécurité possibles toute une
série de parapentistes très rapprochés. Alors que l'autre technique ne
laisse la place qu'à une seule personne.
La technique de base pour perdre de l'altitude se nomme "faire les oreilles"
en tirant les 2 suspentes avant ("A") latérales reliées à chaque extrémité
de l'aile. Utile en approche d'atterrissage ou en vol pour descendre.
Vol
Après avoir éprouvé la joie de pouvoir voler sans aucun moteur, avec juste
un léger vent sur le visage pour compagnon, le parapentiste qui voudra
progresser apprendra à utiliser les courants ascendants afin de remonter et
prolonger son vol. Il existe 2 types de courants ascendants : les courants
dynamiques et les courants thermiques, qui bien souvent se mélangent, et qui
ne sont bien sûr jamais aussi simples dans la réalité que tels qu'on les
modélise.
Vol thermique
Le vol thermique consiste à utiliser des courants thermiques (appelés
« thermiques », « ascendances » ou « pompes ») pour monter. Ces courants
résultent du fait que de l'air plus chaud que l'air qui l'entoure est moins
dense et a donc tendance à s'élever (montgolfière, fumée...).
Ce mouvement ascensionnel ne se produit que si la masse d'air chaud se
refroidit moins vite que l'air ambiant qu'elle traverse en s'élevant. Cette
condition est remplie lorsque le gradient de température est supérieur à 1°C
pour 100 m.
L'air est chauffé lorsqu'il est en contact avec un sol qui est lui même
réchauffé par le soleil : le « libériste » (nom donné aux gens pratiquant le
vol libre) cherchant une source de thermique cherchera donc des sols
s'échauffant plus vite que les sols environnants.
Le thermique peut donc se représenter simplement par une colonne d'air qui
monte, du sol jusqu'au « plafond » (altitude à laquelle les ascendances
s'arrêtent, soit parce que le gradient de température s'inverse, soit parce
que l'air arrive à saturation, forme un nuage et se refroidit brutalement),
ce qui explique pourquoi les libéristes décrivent des spirales en vol, ils
« centrent le thermique » afin de rester dans le courant d'air ascendant.
Vol dynamique
Le vol dynamique (soaring) consiste à utiliser le vent lorsqu'il rencontre
un relief (falaise, montagne...). Face à cet obstacle le vent prend une
trajectoire à composante verticale, et crée donc une zone dans laquelle les
parapentes peuvent monter.
L'un des sites de soaring le plus célèbre de France (et le plus fréquenté)
est la dune du Pyla sur la côte atlantique.
Savoir c'est bien, comprendre c'est mieux,...
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